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La Guinée-Bissau privée de célébrations de l'indépendance, faute d'argent

 Bissau, 24 sept 2018 (AFP) - La Guinée-Bissau a célébré lundi le 44e anniversaire de son indépendance sans festivités, toutes les ressources financières disponibles étant absorbées par l'organisation des élections législatives, a annoncé à l'AFP le ministre des Anciens combattants, Aristide Ocante Da Silva.
   Ces élections cruciales doivent permettre de dénouer la crise politique que traverse le pays depuis la destitution en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également.
   Le défilé militaire et les festivités initialement prévus à l'occasion du 44e anniversaire de l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest ont été annulés "faute d"argent", a déploré le ministre, 
chargé de ce dossier.
   "Les fonds disponibles dans les caisses de l'Etat, selon les informations qui m'ont été données, sont plutôt destinés à financer les élections législatives" prévues le 18 novembre.
   "Nous devons demander pardon à nos enfants. Nous nous sommes battus contre le colon portugais pour leur assurer un avenir meilleur", a déclaré à l'AFP Malam Sano, 78 ans, vétéran de la guerre d'indépendance, estimant que le rêve s'est transformé en cauchemar".
   "Regardez le nombre de voitures de luxe qui circulent. Tous ces véhicules ont été achetés avec de l'argent volé dans les caisses de l'Etat par des dirigeants inconscients qui sans vergogne nous disent qu'ils sont incapables de célébrer la fête nationale", a commenté Julio Da Costa, étudiant en droit à l'Université Amilcar Cabral.
   Le recensement électoral a débuté le 20 septembre avec près d'un mois de retard.
   Un nouvel accord de sortie de crise a été conclu au sommet extraordinaire de la Cédéao le 14 avril à Lomé. Cet accord a abouti à la désignation d'un 
Premier ministre de consensus, chargé de conduire le pays aux législatives, et à la reprise des travaux du Parlement, qui s'est réuni le 19 avril pour la 
première fois en deux ans.
   Aux termes de la Constitution, le choix du Premier ministre revient au parti majoritaire.
   Or, le PAIGC ayant perdu la majorité absolue de 57 sièges sur 102 à la suite de la fronde de 15 députés, M. Vaz veut s'appuyer sur une majorité 
alternative, constituée des 41 députés du Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième formation parlementaire, et des 15 frondeurs.
   aye/sst/jh

Mardi, 25 Septembre, 2018 - 15:15